Le milieu physique
La circulation et la composition des masses d'eau dans le bassin du golfe Saint-Laurent dépendent de plusieurs facteurs dont les courants marins, la profondeur de l'eau, le relief côtier et l'eau douce apportée par les rivières. Nous exposerons ici quelques-uns des plus importants phénomènes affectant les eaux du golfe Saint-Laurent.
Les Marées
Les forces d'attraction combinées de la lune et du soleil sur les masses d’eau génèrent une onde se déplaçant entre l'Atlantique et le Saint-Laurent. L’onde circule vers le golfe et l'intérieur du fleuve à la marée montante et inversement (du fleuve vers l’océan) au baissant de la marée. De ce déplacement périodique de l'onde résulte un mouvement cyclique (montée-descente) deux fois par jour. Les marées engendrent un brassage périodique des eaux du Saint-Laurent et participent activement à l’érosion des berges ainsi qu’au déplacement des sédiments*, ayant pour effet de modeler le relief du littoral et des fonds marins.
Les courants
marins et les gyres*
La circulation des eaux de surface dans le golfe est plutôt complexe. L’eau douce provenant de l'amont descend en longeant la rive sud. On nomme ce courant le "Courant de Gaspé". D’autre part un courant d’eau salée en provenance du détroit de Belle Isle remonte la portion nord du bassin. Une grande gyre* de sens anti-horaire, située entre Pointe-des-Monts et la pointe ouest de l'île d'Anticosti, résulte de la rencontre de ces deux courants. La figure 4 permet de visualiser toute la dynamique des courants marins du golfe Saint-Laurent.
Le "Up-Welling"
À différents endroits dans le golfe ainsi que dans l’estuaire, on note la présence de zones de remontée d’eau profonde et froide vers la surface (up-welling). Cette eau se mélange aux eaux de surface et contribue à leur enrichissement en nutriments.
Ce phénomène local peut être lié aux vents dominants qui déplacent l’eau de surface ou encore au relief des fonds marins. Sur le territoire de la ZIP 19 on note la présence de quelques zones de "up-wellings" situées entre Rivière-au-Tonnerre et Natashquan.
La stratification des eaux
En période estivale, on retrouve un étagement des couches d’eau en trois niveaux distincts (figure 5). Ces trois couches sont superposées les unes sur les autres, sans pour autant se mélanger. La température et la salinité étant différentes, chacune possède une densité propre créant ainsi une barrière au mélange des strates.
Ces couches de densités différentes ne se mélangent que par l'intermédiaire de phénomènes particuliers tels les forts courants de marée et le relief sous-marin qui créent une remontée des eaux profondes (up-welling).
L’apports d'eau douce sur la Côte-Nord
du Golfe
Trois principales sources assurent l'apport d'eau douce au secteur de la Côte-Nord du golfe Saint-Laurent : le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires* situés en amont du golfe, les cours d’eau qui drainent les terres de la Côte-Nord et les précipitations ayant lieu directement dans le bassin du golfe (pluie et neige).
Les principaux tributaires de la Côte-Nord sont les rivières Sainte-Marguerite, Moisie, Magpie, Romaine, Natashquan, Petit Mécatina, Saint-Augustin et Saint-Paul. Ces cours d'eau peuvent avoir des crues printanières très importantes. Cet apport d'eau douce au milieu marin modifie les conditions physico-chimiques à proximité des embouchures en changeant, entre autres, la salinité de l’eau et les courants.

Source : Adapté de Koutitonsky et Bugden, 1991
Figure 5 : Schéma de stratification des eaux du golfe Saint-Laurent
La couche de surface allant jusqu’à une profondeur de 30 à 50 mètres est de faible salinité (27 à 3,2 0/00) et sa température oscille entre -1 et 16 oC. La couche intermédiaire allant jusqu'à 175m de profondeur est très froide (-1 à 2 oC) et possède une salinité moyenne, entre 32 et 33 0/00. Finalement la couche profonde est plus chaude que la précédente avec des valeurs situées entre 2 et 5 oC. Cette dernière possède cependant une forte salinité (33 à 35 0/00), soit l'équivalent de la salinité de l'océan Atlantique. Le sens de l'écoulement des couches varie d'un niveau à l'autre. La couche supérieure se déplace vers l'aval, les deux couches profondes s'écoulent, elles, en remontant le Saint-Laurent vers l'amont. Durant l'hiver, par contre, seulement deux masses d'eau se superposent alors que la température de l'eau de surface diminue considérablement.
Les rives
De Pointe-des-Monts à Blanc-Sablon, on compte au total 5 054 km de rives en incluant les quelques 2 800 km de berges insulaires. Le littoral de l'ensemble du territoire de la ZIP 19 est très variable, passant des côtes rocheuses aux fonds sableux ou composés de limon*.
La majorité des sédiments* que l’on retrouve sur la Côte-Nord du golfe origines de l’époque des derniers glaciers (Il y a environ 10 000 ans). Alors que ces derniers gagnaient en taille, ils brisaient le socle rocheux et déplaçaient les pierres fragmentées. Lorsque les glaciers se mirent à fondre, les rivières déjà en place accumulèrent cette eau de fonte et leur débit augmenta énormément. Elles prirent alors en charge et remanièrent les fragments de pierre ramassés lors du passage des glaciers. Ainsi les dépôts de sable que l'on retrouve aujourd'hui sur la Côte-Nord prennent leur origine à cette période. À ces dépôts s'ajoutent ceux produits par l'érosion* principalement due à l'action des vagues, du vent, de la pluie, du ruissellement et de l'alternance annuelle du gel et du dégel.
Selon le profil de la côte, les sédiments s'accumulent ou encore, sont arrachés des côtes et déplacés par les courants et les vagues. Ainsi des glissements de terrains apparaissent à certains endroits alors qu’aux sites propices (baies abritées et marais) on assiste à l’accumulation de ces sédiments.